Un tribunal égyptien refuse aux chrétiens le droit de prendre congé et impose des sanctions
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Un tribunal égyptien refuse aux chrétiens le droit de prendre congé et impose des sanctions

Le ministère du Travail accorde moins de congés religieux aux évangéliques

Un tribunal égyptien a rejeté une requête visant à faire de Pâques une fête nationale officielle, laissant en place des conditions qui obligent les chrétiens du pays à choisir entre observer le jour le plus saint de leur foi et s'exposer à des sanctions civiles, professionnelles et académiques.

Le tribunal a refusé de se prononcer sur la requête pour des raisons de procédure, affirmant que la question relevait de la compétence du Premier ministre plutôt que du pouvoir judiciaire, et n'a pas examiné le fond de la requête, selon ADF International, une organisation de défense de la liberté religieuse qui l'a soutenue.

Les défenseurs de la liberté religieuse de plusieurs confessions chrétiennes envisagent de faire appel de la décision et de demander la reconnaissance de Pâques comme jour férié.

Le dimanche étant un jour de travail normal en Égypte, les chrétiens qui prennent congé pour célébrer Pâques risquent de perdre leur salaire et d’être victimes de discrimination sur leur lieu de travail. Les étudiants et les étudiants universitaires qui manquent les cours pendant les vacances peuvent subir des conséquences académiques en raison de leur absence.

Kelsey Zorzi, directrice du plaidoyer d'ADF International pour la liberté religieuse mondiale, a déclaré que la décision prive les chrétiens du droit de pratiquer librement leur culte le jour le plus saint de leur foi et a appelé l'Égypte à prendre des mesures significatives pour reconnaître et protéger les droits des chrétiens.

« Il s'agit bien plus que de la reconnaissance d'une fête. Il s'agit du refus d'un droit légal de culte pour les chrétiens qui sont déjà confrontés à de graves persécutions religieuses », a déclaré Zorzi.

La pétition fait partie d’un mouvement visant à faire progresser la liberté religieuse et à éliminer les obstacles au culte dans un pays au long héritage chrétien. L'Égypte a longtemps été considérée comme le berceau du christianisme depuis le premier siècle, l'Église copte faisant remonter ses origines à l'apôtre Marc à Alexandrie.

L'Égypte a pris certaines mesures pour élargir les locaux destinés au culte chrétien, même si ces mesures restent limitées dans leur portée et inégales dans leur application.

Une décision prise en décembre par le ministère de la Main-d'œuvre a autorisé les travailleurs chrétiens du secteur privé à observer Pâques, mais n'a pas accordé la même protection aux travailleurs du secteur public. La décision a également créé une disparité entre les confessions chrétiennes, accordant davantage de jours de congé payé aux chrétiens coptes qu'aux évangéliques ou aux catholiques.

ADF International a critiqué cette décision, faisant référence aux garanties constitutionnelles égyptiennes de liberté religieuse en vertu des articles 53 et 64, ainsi qu'aux traités internationaux qui interdisent la discrimination religieuse dans l'emploi.

L'Égypte reconnaît le Noël copte, célébré le 7 janvier, comme jour férié national. Les défenseurs soutiennent depuis longtemps que Pâques mérite le même statut et que son absence du calendrier officiel oblige à choisir entre l’observance religieuse et des sanctions civiles ou académiques qui n’incombe à aucune autre communauté religieuse du pays.

Les chrétiens égyptiens représentent environ 10 % de la population du pays, aux côtés de la majorité musulmane.

La Commission américaine sur la liberté religieuse internationale, ou USCIRF, a récemment recommandé que l'Égypte soit inscrite sur la liste de surveillance spéciale du Département d'État. Cette désignation suggère que le gouvernement a perpétré ou toléré de graves violations de la liberté religieuse.

Les lois égyptiennes sur le blasphème ont été utilisées pour poursuivre en justice les individus qui expriment ou défendent leur foi, avec des sanctions allant d'amendes à des peines de prison. Dans un cas, Augustinos Samaan, YouTubeur et chercheur chrétien copte, a été condamné à cinq ans d'emprisonnement et de travaux forcés pour du contenu qu'il avait publié en ligne défendant sa foi chrétienne. Des dizaines d’affaires similaires sont pendantes devant les tribunaux pénaux du pays.

Le gouvernement refuse également formellement de reconnaître le christianisme sur les documents d’identité officiels de ceux qui se sont convertis à l’islam, une restriction distincte qui vient aggraver les limites existantes à la pratique religieuse.

Un précédent rapport de Portes Ouvertes indiquait que les chrétiens égyptiens continuent de rencontrer des difficultés pour établir des églises et des lieux de culte, même si le gouvernement a légalisé un nombre croissant d'églises par le biais de l'enregistrement officiel. Le rapport indique que les chrétiens, les musulmans chiites, les Ahmadis et d’autres groupes confessionnels minoritaires sont confrontés à des restrictions juridiques et administratives qui limitent la manière dont ils expriment et pratiquent leurs croyances.