Une victoire de la liberté religieuse ?
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Une victoire de la liberté religieuse ?

Mardi, la Cour suprême des États-Unis a entendu des plaidoiries sur une affaire de droits civils et de liberté religieuse Groff contre DeJoy cela pourrait bien avoir un impact significatif sur la liberté religieuse des travailleurs américains.

Dans la loi sur les droits civils de 1964, le Congrès a inclus le titre VII, qui visait à protéger les droits des personnes à la conscience religieuse sur le lieu de travail. Les protections recherchées par la loi originale ont été considérablement affaiblies par un amendement clarifiant du Congrès qui stipulait que l’employeur était tenu de faire des aménagements raisonnables pour les besoins religieux des employés tant que cela n’imposait pas de «contrainte excessive» à l’entreprise.

Jusqu’ici, tout va bien. Mais ensuite, une décision de la Cour suprême a affaibli la disposition dans TWA contre Hardison (1972). Dans cette affaire, M. Hardison, un fervent chrétien, a fait valoir que ses croyances religieuses l’obligeaient à observer le sabbat (samedi) en ne travaillant pas ce jour-là.

Malheureusement, dans Hardison la Cour suprême a statué contre Hardison en assimilant les «contraintes excessives» à l’imposition de «plus qu’un coût de minimis» à TWA.

De nombreux défenseurs de la liberté religieuse en Amérique ont estimé que la majorité conservatrice de Hardison avait considérablement abaissé la barre visée par les « contraintes excessives » prévues par le Congrès.

À la suite de Hardison virtuellement n’importe quel l’augmentation du coût financier était suffisante pour nier les revendications des droits civiques des travailleurs. Les plaintes pour discrimination religieuse déposées auprès de l’Equal Employment Opportunity Commission (EEOC) ont plus que doublé au cours des 20 dernières années (près de 50 % de ces plaintes sont déposées par des groupes confessionnels minoritaires qui représentent moins de 15 % de la population).

Dans l’affaire actuellement devant la Cour, Groff contre DeJoy, Gerald Groff, un fervent chrétien employé comme « associé transporteur rural » au bureau de poste des États-Unis, a poursuivi Louis DeJoy, le ministre des Postes des États-Unis, parce qu’il était tenu de livrer le courrier le dimanche, ce qu’il était pas tenu de le faire lorsqu’il était initialement employé (fait intéressant, M. Groff et M. Hardison dans le cas précédent étaient de fervents chrétiens). Seuls 18% des chrétiens américains professants croient que leur foi leur interdit de travailler le jour du sabbat.

Groff contre DeJoy arrive devant la Cour à un moment très intéressant et instable de la jurisprudence de la Cour suprême sur la liberté de religion. En particulier dans le domaine de la clause de « libre exercice » du premier amendement, les questions sont de plus en plus nombreuses devant la Cour. Groff contre DeJoy peut signaler un virage d’une emphase plus « stricte sur la séparation » dans les décennies précédentes vers une compréhension plus favorable et nuancée de « aucune interférence avec le libre exercice de celle-ci ».

Les plaidoiries semblaient signaler un consensus de la Cour suprême en faveur de M. Groff. Un tel consensus émergeant serait une victoire très encourageante pour la « liberté de l’âme » de tous les Américains de toutes confessions religieuses.