Pourquoi la baisse de l’identité trans n’est pas la victoire culturelle que nous pensons
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Pourquoi la baisse de l’identité trans n’est pas la victoire culturelle que nous pensons

Un nouveau récit culturel circule : les jeunes Américains se « détournent » des identités trans, non binaires et autres queer.

Selon le rapport d'Eric Kaufmann intitulé « The Decline of Trans and Queer Identity Among Young Americans », la proportion d'étudiants s'identifiant comme un genre autre qu'homme ou femme a chuté de 6,8 % en 2023 à 3,6 % en 2025.

À première vue, les chiffres semblent renforcer l’idée selon laquelle les catégories identitaires étaient autrefois une tendance et sont aujourd’hui en train de s’effondrer. Mais avant de considérer cela comme une victoire culturelle, nous devons nous demander : de quel type d’identité s’agissait-il ? Et quelle est l’histoire sous-jacente à ces statistiques ?

Après avoir lu cela, j'ai vu un message X de Kim Jones répondant à une allégation d'Ari Drennan, qui affirmait qu'une étudiante avait été « virée » d'une équipe sportive féminine parce qu'elle était trans et impliquait que cela avait causé le suicide de l'étudiante. (Ari a écrit un article disant que l'étudiant avait démissionné après sa première année et n'avait donc pas été expulsé de l'équipe malgré sa précédente publication sur les réseaux sociaux.)

La réponse de Kim a condamné Ari pour avoir utilisé une tragédie pour faire chanter émotionnellement les femmes afin qu'elles renoncent à la vie privée et à l'équité dans le sport, et je suis d'accord avec sa critique : la tragédie ne devrait jamais être une arme avec laquelle frapper les gens.

Mais je veux aussi aller plus loin. Parce que tous deux font allusion à une question plus vaste : l’identité elle-même.

Kaufmann note qu'une partie de ce déclin vient de l'amélioration de la santé mentale des jeunes, mais il souligne également un changement culturel plus large. L’augmentation rapide de l’identification LGBT au cours de la dernière décennie a été alimentée en grande partie par l’influence des pairs et la mode politique, et cette tendance semble maintenant s’atténuer. Prises ensemble, ces tendances suggèrent que les changements dans l’auto-identification reflètent davantage les courants culturels qu’une découverte de soi durable, en particulier lorsqu’ils s’ajoutent à une santé mentale fragile.

Cela soulève une question plus profonde. Pourquoi la culture devrait-elle être la force qui indique aux enfants qui ils sont dans un domaine aussi fondamental que le genre ? Si l’acceptation seule apportait la paix, alors l’appartenance à des clubs, des équipes sportives ou des groupes d’amis suffirait. Au lieu de cela, de nombreux jeunes sont poussés à adopter des identités qui ne résolvent pas en fin de compte leurs luttes. Les taux constamment élevés de tentatives de suicide chez les jeunes trans et non binaires montrent clairement que l’affirmation extérieure ne conduit pas automatiquement à la stabilité ou à la paix intérieure.

Lorsque l’identité se construit sur l’auto-identification ou sur des catégories culturelles, elle devient instable. Si l’estime de soi d’une personne dépend de la catégorie elle-même (trans, non binaire, queer), plutôt que de quelque chose de plus profond, alors les changements de culture, d’affirmation ou de données se répercuteront sur la vie intérieure de la personne. Le rapport Kaufmann montre peut-être un déclin de certaines étiquettes identitaires, mais il ne montre pas une augmentation du bien-être stable ni un véritable remplacement de l'identité.

Pour les chrétiens, l’ancre est plus profonde : l’identité enracinée dans le fait d’être créé à l’image de Dieu (Genèse 1 : 27), d’être un enfant de Dieu (Jean 1 : 12), de devenir nouveau en Christ (2 Corinthiens 5 : 17). Cette identité n’évolue pas avec les tendances culturelles.

Si le discours est le suivant : « les étiquettes identitaires disparaissent, nous avons donc dû changer la culture », nous risquons de nous réjouir trop tôt et de passer à côté du problème fondamental. Une histoire sportive ou une publication sociale peut mettre en lumière un conflit de droits, mais il s’agit en fin de compte d’identité, d’appartenance, de stabilité et de but.

L'équité des femmes dans le sport, la santé mentale des jeunes et les politiques institutionnelles sont toutes importantes. Mais elles se situent en aval des questions identitaires. Si nous ne fournissons pas un ancrage identitaire qui résiste aux changements culturels, alors même le déclin d’une étiquette ne garantit pas le bien-être.

Alors, qu'est-ce qu'on fait ?

  • Évitez d’utiliser la tragédie comme levier. Le chantage émotionnel, que ce soit dans le sport, la politique identitaire ou les médias, ronge la confiance.

  • Reconnaître qu’appartenir à un groupe n’est pas la même chose qu’être pleinement ancré dans son identité.

  • Posez la question la plus profonde : qu’est-ce qui assure la stabilité de votre identité dans un monde en évolution ?

  • Offrez un fondement qui ne dépend pas de catégories changeantes, mais de la vérité éternelle.

Le rapport Kaufmann peut ou non refléter un déclin à long terme de certaines étiquettes identitaires, et la mort tragique de l’étudiant ne nous oblige pas à affirmer une identité qui n’est pas enracinée dans la vérité. Ce que cela souligne, c’est que l’identité, la culture et l’appartenance sont profondément liées et que sans un ancrage solide, l’âme humaine reste vulnérable.

Si nous devons parler d'identité, parlons-en avec clarté, compassion et vérité.