Le gouvernement canadien accusé d'avoir interdit les prières des aumôniers lors d'événements militaires
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Le gouvernement canadien accusé d'avoir interdit les prières des aumôniers lors d'événements militaires

Les conservateurs du Canada ont accusé le gouvernement d'interdire aux aumôniers militaires de réciter des prières conformément à leur foi spécifique lors des cérémonies du jour du Souvenir partout au Canada, une accusation que les libéraux ont niée.

Lundi, les Canadiens ont célébré le jour du Souvenir pour honorer les anciens combattants, ceux tués dans l'exercice de leurs fonctions et ceux qui servent actuellement dans l'armée. Semblable à la Journée des anciens combattants aux États-Unis, cette journée consiste généralement en des cérémonies et des événements publics pour commémorer les militaires.

Dans les jours qui ont précédé les vacances, le Parti conservateur du Canada a accusé l'alliance au pouvoir entre le Nouveau Parti démocratique et le Parti libéral d'avoir menti au sujet d'une directive sur la prière publique lors des cérémonies militaires.

La nouvelle politique a remplacé le mot « prière » par le terme « réflexions spirituelles ». Il demande aux aumôniers d'utiliser des mots « inclusifs » lorsqu'ils livrent une « réflexion dans un contexte de service public ».

L'année dernière, le ministre de la Défense nationale, Bill Blair, a promis dans un message X que le gouvernement n'interdirait pas aux aumôniers de prier le jour du Souvenir ou à tout autre moment. Le Parti conservateur du Canada affirme cependant qu'il s'agit d'un mensonge, affirmant que le gouvernement n'a accordé aucune exemption à la directive cette année.

« Les aumôniers jouent un rôle essentiel au sein des Forces armées canadiennes », a déclaré le Parti conservateur du Canada dans son communiqué de vendredi. « Ils représentent des Canadiens de diverses confessions et soutiennent les troupes de partout au Canada. »

« Avant que le gouvernement néo-démocrate-libéral n'interdise les prières, les aumôniers étaient autorisés à réciter une prière dans un langage spécifique à leur foi lors des cérémonies officielles, et ils s'assuraient d'inviter les personnes de croyances différentes à réfléchir ou à prier de la manière qu'ils souhaitaient », poursuit le communiqué.

« Pendant la Seconde Guerre mondiale, les aumôniers dirigeaient la prière sur les bateaux à la veille du débarquement. Les aumôniers ont offert les derniers rites aux soldats mourants sur le terrain. Le premier ministre dit maintenant aux Canadiens que, le jour du Souvenir, ils ne peuvent même pas priez pour ceux qui se sont battus pour notre pays. Tous les Canadiens devraient être alarmés par cette dernière intrusion du gouvernement néo-démocrate.

Le parti politique s'est engagé à lutter contre ce qu'il a décrit comme « le programme éveillé dommageable » du Premier ministre canadien Justin Trudeau, promettant également de « défendre nos forces armées et de ramener le bon sens à Ottawa ».

Des courriels internes des Forces armées canadiennes obtenus par Epoch Times montrent que les aumôniers ont reçu un rappel qu'aucune exception ne serait accordée pour le jour du Souvenir cette année.

Suite au contrecoup de la directive en octobre 2023, l’aumônier général Brig.-Gen. Guy Bélisle a autorisé une utilisation unique de la politique précédente de 2013 pour permettre la prière pendant le jour du Souvenir l'année dernière. La nouvelle politique concerne les événements militaires obligatoires et cite « l'évolution » de la société canadienne et le besoin de diversité comme raison du changement.

« L'État doit au contraire rester neutre à cet égard, ce qui signifie qu'il ne doit ni favoriser ni entraver une croyance particulière, et il en va de même pour la non-croyance », précise la directive. « La poursuite de l'idéal d'une société libre et démocratique exige que l'État encourage chacun à participer librement à la vie publique, quelles que soient ses convictions. »

Selon la nouvelle politique, les aumôniers doivent adopter une « approche sensible et inclusive » lorsqu'ils s'adressent publiquement aux militaires. La directive appelle également les aumôniers à « employer un langage respectueux des principes de l'analyse comparative entre les sexes (ACS+) ».

En plus de changer le langage, la nouvelle directive a remplacé les symboles religieux respectifs sur les foulards des aumôniers par le logo du Service de l'aumônerie royale canadienne. Il met également en garde les aumôniers quant à leur choix vestimentaire, précisant que certains symboles peuvent provoquer « un inconfort ou des sentiments traumatisants ».

Des mesures disciplinaires peuvent être prises contre les aumôniers qui ne se conforment pas à la nouvelle politique, selon la directive.

Contrairement aux affirmations des conservateurs concernant la directive, les membres du parti libéral canadien, dont la secrétaire parlementaire à la Défense Marie-France Lalonde, ont nié cette accusation.

Comme l'a rapporté samedi le National Post, le député conservateur Chris Warkentin a qualifié la directive de « draconienne » lors d'une période de questions vendredi à la Chambre des communes. Warkentin a également fait valoir que de nombreux anciens combattants considèrent la prière comme une partie importante du jour du Souvenir.

Lalonde a accusé Warkentin d'avoir dénaturé la politique, arguant qu'elle n'interdit pas la prière.

« Soyons absolument clairs. L'aumônier général a émis la directive de manière indépendante et elle n'interdit pas la prière », a déclaré Lalonde, cité par le média.

« En fait, la directive vise simplement à aider nos aumôniers à rendre leurs discours publics plus inclusifs afin de refléter la diversité spirituelle des Canadiens et des membres (des Forces armées) », a-t-elle déclaré.

Le député conservateur Blake Richards, président du comité des anciens combattants de la Chambre des représentants, a ensuite fait circuler une lettre appelant à une réunion d'urgence du comité pour discuter de la directive. Bien qu'un comité ait été mis sur pied par le gouvernement canadien pour examiner la politique, celui-ci n'a pas encore formulé de recommandations.