Le régime islamique en Iran commence à s'effondrer. Que fera l’Église ?
Quelque chose d’extraordinaire se produit en Iran, et cela représente une rupture bien plus profonde que ce que les journaux occidentaux ont voulu reconnaître.
Les chants qui résonnent dans les rues iraniennes ne sont plus des appels à la réforme ou à l’aide économique, ni des appels à adoucir les limites du régime clérical. Les manifestants appellent désormais ouvertement à la fin de la République islamique elle-même.
Selon un reportage de la dissidente iranienne Anni Cyrus, les foules ont commencé à scander le retour du prince héritier Reza Shah Pahlavi, une déclaration qui remet directement en question les fondements théologiques et politiques du régime. Il ne s’agit pas d’une nostalgie de la monarchie, ni d’une protestation symbolique. Il s’agit d’un rejet sans équivoque de la gouvernance islamique et d’une exigence d’un avenir libéré de l’absolutisme religieux. Pour un régime qui revendique la légitimité divine, de tels chants constituent une attaque directe contre son droit d’exister.
Ce qui rend ce moment si significatif n’est pas seulement l’ampleur des troubles, mais aussi la clarté de leur objectif. Le peuple iranien ne proteste pas contre une seule politique, contre une élection contestée ou contre un ralentissement économique temporaire. Ils se révoltent contre un système idéologique qui fusionne l’autorité religieuse avec le pouvoir politique et impose cette union par la violence depuis plus de quatre décennies. La République islamique a été construite sur la promesse que le régime clérical introduirait la justice, l’ordre moral et la dignité nationale. Au lieu de cela, cela a produit une dévastation économique, une corruption systémique, une agression régionale et une culture de peur entretenue par les prisons, les exécutions et la surveillance. Les chants qui s'élèvent désormais dans les rues d'Iran reflètent une population qui ne croit plus aux affirmations religieuses du régime et qui ne consent plus à être gouvernée au nom de Dieu par des hommes qui ont utilisé la foi comme une arme pour conserver le pouvoir.
La réponse du régime a suivi un scénario familier et brutal. Des balles réelles ont été utilisées contre les manifestants. Des arrestations massives ont balayé étudiants, travailleurs et dissidents. Les exécutions publiques ont lieu sous couvert de justice pénale, destinée non pas à faire respecter la loi mais à semer la terreur. Les coupures d'Internet tentent d'isoler la population du monde extérieur, tandis que les médias d'État recyclent la propagande qui impute les troubles intérieurs aux conspirations étrangères. Ces tactiques ne sont pas des signes de force. Ce sont les symptômes d’un système qui ne survit que grâce à la coercition parce qu’il a perdu l’autorité morale qu’il revendiquait autrefois.
Pour les chrétiens, les enjeux de ce soulèvement sont à la fois politiques et spirituels. L’Iran n’est pas simplement un État autoritaire. Il s’agit d’un régime théocratique enraciné dans une théologie qui accorde une autorité totale aux religieux sur l’État, la société et la conscience individuelle. Le Guide Suprême n'est pas simplement une personnalité politique mais est présenté comme le représentant de Dieu sur terre, n'ayant de comptes à rendre à aucun électorat et limité par aucun cadre juridique au-delà de sa propre interprétation de la loi islamique. Cette fusion de la mosquée et de l’État a fait de l’Iran l’un des environnements les plus hostiles au monde à la liberté religieuse.
Les chrétiens d’Iran vivent sous une menace constante. Les convertis de l’Islam sont traités comme des traîtres. Les églises de maison sont pillées. Les Bibles sont confisquées. Des pasteurs sont emprisonnés pour avoir prêché l'Évangile. L'évangélisation est classée comme une infraction à la sécurité nationale. Les familles sont surveillées, les moyens de subsistance sont détruits et la foi elle-même est criminalisée lorsqu'elle remet en cause le monopole religieux du régime. Cette persécution n’est pas fortuite. C’est intrinsèque à un système qui ne peut tolérer l’allégeance à une autorité supérieure à la version de l’Islam sanctionnée par l’État.
Pourtant, paradoxalement, la foi chrétienne grandit en Iran malgré la répression implacable. Les églises de maison clandestines continuent de se multiplier. Les convertis témoignent qu’ils ont rencontré le Christ à travers les Écritures, un témoignage personnel et même des rêves. L’Évangile a progressé non pas parce que le régime l’a permis, mais parce que la vérité ne peut être éteinte par la force. Cet éveil spirituel révèle le mensonge central de l’Islam politique. L'islamisme prétend offrir un ordre divin par le biais d'un contrôle total. Le christianisme proclame la rédemption par l'abandon au Christ seul et la libération de la tyrannie des hommes.
Le soulèvement en Iran révèle également une dangereuse illusion qui façonne la politique occidentale depuis des décennies. La République islamique a été traitée comme un acteur politique rationnel qui peut être modéré par des négociations, l’allègement des sanctions et l’engagement diplomatique. Les accords nucléaires ont été présentés comme des voies vers la stabilité. Les incitations économiques ont été conçues comme des outils destinés à autonomiser les civils. Le dialogue a été présenté comme l’antidote à l’extrémisme. Ces efforts ont échoué parce qu’ils ont mal compris la nature du régime. Les dirigeants iraniens ne sont pas guidés par des intérêts pragmatiques d’État mais par un engagement idéologique en faveur de l’islam révolutionnaire, de la domination régionale et de la répression de la dissidence.
Le peuple iranien comprend cette réalité bien mieux que de nombreux dirigeants occidentaux. Leurs chants ne sont pas dirigés contre Washington ou Jérusalem. Ils s’en prennent à l’establishment religieux qui les a privés de liberté, de prospérité et de dignité. Ils rejettent le régime islamique lui-même, et non les décisions de politique étrangère imposées de l’étranger. Ce rejet devrait obliger l’Occident à prendre des décisions morales.
Alors que les Iraniens risquent leur vie pour échapper à la gouvernance islamique, les institutions occidentales idéalisent souvent la même idéologie. Tandis que les Iraniennes brûlent leur hijab en signe de défi, les campus américains célèbrent le port du voile comme un moyen d’autonomisation. Alors que les chrétiens iraniens pratiquent leurs cultes en secret, de nombreuses Églises occidentales hésitent à parler clairement des dangers de l’islam politique, de peur de paraître intolérantes. Cette confusion morale n’aide pas les opprimés. Cela renforce l’oppresseur.
L’Église a la responsabilité de parler à la fois avec compassion et clarté. Compassion pour un peuple qui a souffert sous la tyrannie religieuse. Clarté sur l’idéologie qui les a asservis. Les Écritures mettent en garde à plusieurs reprises contre les dirigeants qui s’enveloppent de l’autorité divine tout en dévorant ceux dont ils ont la garde. L’Iran constitue un témoignage moderne de cet avertissement.
Ce moment exige de la prière, du discernement et du courage. Prière pour la protection des manifestants, pour la croissance de l’Église clandestine et pour la chute des systèmes injustes. Discernement pour reconnaître la différence entre la foi authentique et la religion politique. Courage de dire la vérité même si elle est impopulaire. L’histoire montre qu’aucun régime bâti sur des mensonges ne peut durer éternellement. L’Écriture nous assure que Dieu humilie les orgueilleux et élève les opprimés.
Le soulèvement iranien n’est pas simplement une crise politique. C'est un calcul spirituel. La République islamique perd le contrôle parce que ses fausses promesses s’effondrent sous le poids de la réalité. La question qui se pose à l’Occident et à l’Église est de savoir si nous allons enfin reconnaître cette vérité ou si nous continuerons à excuser un système qui écrase les âmes tout en prétendant parler au nom de Dieu.

