Cette canicule estivale n’est pas l’apocalypse. Un argument chrétien pour le calme.
Alors qu’un autre dôme de chaleur estivale s’installe sur une grande partie du continent, les gros titres sont devenus presque aussi prévisibles que la météo elle-même. Chaque vague de chaleur est présentée comme la preuve que l’apocalypse climatique est arrivée. Les informations câblées regorgent de prédictions désastreuses. Les politiciens promettent de nouvelles réglementations radicales. Les militants préviennent qu’à moins que l’humanité ne change fondamentalement sa façon de vivre, la catastrophe est inévitable.
En tant que chrétien et conservateur, j’ai une confession qui frustrera sans aucun doute les gens des deux côtés du débat : je crois que le climat est en train de changer, mais je refuse de le craindre.
Ce n’est pas parce que je nie la réalité. C'est parce que je comprends l'histoire.
L’histoire de la civilisation est l’histoire de l’adaptation de l’humanité à un monde en évolution. Les rivières changent. Les côtes bougent. Les déserts s'étendent et se contractent. Les périodes glaciaires vont et viennent. Les empires s'élèvent dans des vallées fertiles pour ensuite voir ces mêmes vallées se transformer en déserts arides. Les gens migrent. Les nations se battent pour les ressources. De nouvelles civilisations émergent lorsque les anciennes disparaissent. Le changement n’est pas une exception. C'est la règle.
La vraie question n’est pas de savoir si le climat change. C’est le cas. La question est de savoir comment les êtres humains devraient réagir.
Ici, la vision chrétienne du monde offre quelque chose de remarquablement absent du débat environnemental actuel : l’espoir.
Les Écritures ne décrivent pas l’humanité comme un accident cosmique ou comme un cancer sur terre. Il déclare que les êtres humains sont créés de manière unique à l’image de Dieu et chargés d’exercer une sage domination sur sa création.
Ce commandement de la Genèse est souvent mal compris. La domination n’est pas l’exploitation. La gestion n’est pas non plus une préservation passive. Dieu a appelé l’humanité à cultiver la terre, à l’améliorer, à en extraire l’abondance et à utiliser les dons de raison, de créativité et d’innovation qu’Il nous a accordés de manière unique pour promouvoir l’épanouissement humain.
C’est l’histoire de la civilisation depuis le début.
Lorsque la sécheresse menaçait, nous avons construit des systèmes d'irrigation. Lorsque les rivières débordaient, nous avons construit des digues et des barrages. Lorsque la maladie s’est propagée, nous avons développé des systèmes d’assainissement et une médecine moderne. Lorsque la chaleur accablante limitait les endroits où les gens pouvaient vivre et travailler, nous avons inventé la climatisation. Lorsque les populations ont explosé, nous avons développé des innovations agricoles capables de nourrir des milliards de personnes.
Chaque génération a été confrontée à des défis environnementaux. Chaque génération y a répondu non pas avec désespoir, mais avec ingéniosité.
Cette ingéniosité n’est pas un accident de l’évolution. Cela fait partie de la vocation donnée par Dieu à l'humanité.
C’est pourquoi je trouve qu’une grande partie du discours environnemental actuel est profondément inutile.
Une trop grande partie de l’activisme climatique moderne repose sur la peur. Chaque événement météorologique devient la preuve que la fin est proche. Toute projection scientifique devient un prétexte pour un plus grand contrôle politique. Des industries entières, des organisations de défense et des mouvements politiques dépendent désormais de la nécessité de convaincre les gens ordinaires que la catastrophe est toujours proche.
La peur est devenue à la fois une stratégie de collecte de fonds et une philosophie de gouvernance.
Les chrétiens devraient rejeter les deux.
Cela ne signifie pas ignorer les défis environnementaux. Cela ne signifie pas non plus nier que l’activité humaine puisse influencer l’environnement. Cela signifie refuser d’adopter une vision du monde qui considère la panique comme une sagesse et le désespoir comme une vertu.
L’histoire chrétienne a toujours été celle de la confiance plutôt que du désespoir.
Nous pensons que l’histoire n’est pas régie par un chaos aléatoire mais par un Dieu souverain. Nous pensons que les êtres humains ne sont pas des victimes impuissantes de la nature, mais des gestionnaires compétents auxquels sont confiés des dons extraordinaires. Nous croyons que la découverte scientifique, l’innovation technologique, la libre entreprise et un gouvernement responsable peuvent améliorer la vie humaine précisément parce qu’ils reflètent les capacités rationnelles que notre créateur nous a données.
Notre tâche n’est donc pas d’adorer la nature, ni de l’exploiter de manière imprudente. Il ne s’agit pas non plus de céder au fatalisme environnemental. Notre vocation est l’intendance.
Cela signifie protéger la création de Dieu tout en veillant à ce qu'elle continue à soutenir l'épanouissement de l'humanité. Cela signifie développer des technologies plus propres là où elles ont du sens, construire des communautés plus résilientes, faire progresser les connaissances scientifiques et s’adapter intelligemment aux défis que la nature présente.
Cela signifie surtout se rappeler que la peur n’est pas une vertu chrétienne. La foi est.
Le climat continuera de changer. Cela l’a toujours été. Les êtres humains continueront de s’adapter. Nous l’avons toujours fait.
Et les chrétiens doivent rester ce à quoi nous avons toujours été appelés : des intendants calmes, pleins d’espoir et fidèles d’un monde dont l’avenir ultime ne repose pas entre les mains d’activistes, de politiciens ou d’experts, mais entre les mains de Dieu qui l’a créé en premier lieu.
Alors montez la climatisation et restez à l’écart de la chaleur !

