Israël devrait devenir le gardien des chrétiens du Moyen-Orient
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Israël devrait devenir le gardien des chrétiens du Moyen-Orient

Les anciens monastères de Mossoul ne sont plus que des décombres. La population chrétienne de Bethléem est passée de 86 % en 1950 à à peine 10 % aujourd'hui. Partout au Moyen-Orient, les communautés chrétiennes qui ont précédé l’Islam de six siècles sont en déclin ou vivent sous une menace constante. Certains ont disparu.

Le monde ne fait rien. Les Nations Unies publient des déclarations. L'Union européenne exprime son inquiétude. Washington offre sa sympathie, parfois soutenue par la force, mais rarement par une stratégie soutenue. L’architecture de la protection internationale a échoué.

Une puissance du Moyen-Orient possède la capacité, l’intérêt et l’autorité morale nécessaires pour contribuer à combler ce vide. Cette puissance, c’est Israël.

C'est une stratégie, pas de la charité. Israël devrait l’institutionnaliser.

L'effondrement de l'ordre moyen-oriental a modifié la position d'Israël. Israël n’est plus simplement un État assiégé luttant pour sa survie ; c’est un acteur régional décisif doté d’un renseignement, d’une portée militaire et d’un potentiel d’alliance inégalés. Pourtant, la lutte est loin d’être terminée. Le réseau de mandataires iraniens reste actif et en pleine reconstruction. Le Hezbollah perdure. Le Hamas s'adapte. La Turquie fait avancer son programme islamiste. L'islam politique continue de menacer les minorités régionales.

Cette réalité fait que la protection des minorités n’est pas un luxe d’après-guerre, mais une nécessité stratégique.

Un ordre régional durable – la Pax Israelana – ne peut pas reposer sur la seule force militaire. Elle doit également se construire sur les alliances, l’intégration économique et la défense des communautés vulnérables dont la survie met directement à mal la vision totalitaire des mouvements islamistes. La protection des minorités n’est pas un ajout moral ; c'est un pilier de la stabilité régionale.

Les chrétiens, les Druzes, les Kurdes et les Yézidis du Moyen-Orient sont les partenaires naturels d'Israël. Ils font face à bon nombre des mêmes forces qui ciblent l’État juif depuis des décennies : des mouvements djihadistes, des milices sectaires et des régimes qui utilisent l’identité religieuse comme une arme. Lorsque les villages druzes du sud de la Syrie ont été confrontés à une attaque imminente de l’EI, c’est l’intervention israélienne, et non les forces internationales de maintien de la paix, qui a fait la différence. Lorsque les communautés chrétiennes recherchaient une protection ou une aide médicale pendant la guerre civile syrienne, c’était souvent Israël qui leur fournissait discrètement cette aide.

Ces actions restent ponctuelles et réactives. Ils reflètent l'instinct plutôt que la doctrine. Cela doit changer.

Israël devrait créer un organisme gouvernemental dédié avec un mandat explicite pour protéger les minorités menacées et préserver l’héritage judéo-chrétien à travers le Moyen-Orient. Inspirée de Nativ, l'organisation qui a entretenu des liens avec la communauté juive soviétique pendant des décennies, cette agence pourrait être hébergée dans le bureau du Premier ministre et composée de diplomates, de professionnels du renseignement, de spécialistes humanitaires et d'experts en préservation du patrimoine. Appelez-le Lishkat HaBrit : le Bureau du Pacte.

Sa mission serait quadruple : un plaidoyer diplomatique soutenu en faveur des communautés persécutées ; la coordination du renseignement pour fournir une alerte précoce en cas de menace ; une aide humanitaire ciblée aux populations assiégées ; et la préservation des églises, monastères et sites sacrés représentant deux millénaires de présence chrétienne dans la région.

Cette initiative correspond à ce que l’administration Trump attend de ses alliés. Le vice-président JD Vance a déclaré clairement : « Nous voulons que les Israéliens et les sunnites contrôlent leur propre région du monde. » Il a expliqué pourquoi l’Amérique se soucie de cette région, parce que la plupart des Américains croient que leur Sauveur « est né, est mort et est ressuscité dans cette étroite petite bande de territoire de la Méditerranée ».

Le président Trump a ordonné des frappes contre l’Etat islamique au Nigeria le jour de Noël pour protéger les chrétiens qui y étaient massacrés. Le message est on ne peut plus clair : cette administration agira pour défendre les chrétiens persécutés. Mais la portée américaine a des limites. L’attention américaine est divisée. Les troupes américaines ne peuvent pas être partout. Israël peut être le multiplicateur de force qui étend les valeurs américaines sans nécessiter l’intervention américaine sur le terrain.

Les critiques s’y opposeront. Ils qualifieront ce néocolonialisme de « néocolonialisme », comme si protéger les minorités de l’anéantissement équivalait à imposer une domination étrangère. Ils mettront en garde contre toute provocation de l’hostilité islamiste, comme si les forces qui persécutent les chrétiens et les Yézidis n’étaient pas déjà engagées dans la destruction d’Israël. Ils soutiendront qu'Israël devrait se concentrer exclusivement sur les intérêts juifs, ignorant la manière dont les alliances minoritaires renforcent la position régionale d'Israël et renforcent ses partenariats les plus importants.

Ces objections ne sont pas sérieuses. Ils représentent les réflexes d’un establishment diplomatique qui a présidé à l’érosion constante du pluralisme au Moyen-Orient.

Chaque communauté chrétienne qui survit réprimande la monoculture idéologique recherchée par l’Islam politique. Chaque minorité protégée devient un partenaire potentiel en matière d’intelligence, de stabilité et de légitimité. Chaque église ou monastère préservé indique que l’alliance avec Israël produit des bénéfices tangibles et que les forces de destruction ne l’emportent pas toujours.

Pendant 70 ans, Israël a demandé protection au monde et n’a reçu que des déclarations. Aujourd’hui, Israël a la capacité de protéger ceux qui partagent son héritage civilisationnel et d’affronter ses ennemis communs.

David Ben Gourion a créé Nativ pour faire respecter une alliance avec les Juifs coincés derrière le rideau de fer. Cette mission a réussi au-delà de toute attente. Une nouvelle mission se présente désormais : étendre cette alliance vers l’extérieur, renforcer l’alliance régionale contre l’islam politique, préserver le pluralisme vivant du Moyen-Orient.

L’ère de l’isolement est révolue. L’ère de la responsabilité est arrivée. Israël devrait se lever pour y faire face.