Quand l’Église refuse de s’engager en politique, cela arrive
C'est l'un des grands paradoxes de notre époque. De nombreux pasteurs conservateurs prêchent courageusement depuis leur chaire une vision biblique du monde – défendant la vie, le mariage et la liberté religieuse – mais lorsqu’il s’agit de processus politique, ils se replient sur le silence. Ils prêchent sur la justice, mais lorsque des candidats chrétiens qui partagent leurs valeurs demandent de l’aide – quelque chose d’aussi simple que de rassembler des signatures pour s’inscrire sur le bulletin de vote – ils refusent souvent.
Cette réticence ne nuit pas seulement aux candidats individuels ; cela affaiblit la capacité de l'Église à influencer la culture. Elle laisse le champ libre à ceux dont les valeurs sont hostiles à la foi.
Les pasteurs de gauche n’ont pas de telles réserves. Comme nous le soulignons, les églises alignées sur les mouvements progressistes soutiennent ouvertement des initiatives telles que le Black Church PAC, mobilisant les électeurs et les ressources pour les causes libérales. Ils voient la politique comme une extension de leur théologie – un moyen de faire progresser ce qu’ils croient être la justice. Pendant ce temps, trop de pasteurs conservateurs traitent le processus politique comme « non spirituel », comme si la souveraineté de Dieu s'arrêtait à l'isoloir.
C'est plus que déroutant, c'est tragique.
Le cycle politique devrait être l’une des plus grandes opportunités pour devenir disciple dans l’Église. Les élections nous obligent à affronter des questions morales sur la vie, la famille, l’intendance et la vérité. Ils révèlent si nous croyons vraiment que Christ est le Seigneur de toute la vie, y compris du gouvernement. Lorsque les pasteurs évitent cette arène, ils ne parviennent pas à enseigner à leurs congrégations comment vivre leur foi sur la place publique.
Il ne s'agit pas de partisanerie; c'est une question de principe. Les pasteurs devraient aider leurs fidèles à discerner les candidats qui défendent la vérité biblique, et non reculer par peur de « diviser la congrégation ». La division n'est pas causée par la vérité, elle est causée par le refus de s'y tenir. Si un membre de la congrégation se présente aux élections mais défend des valeurs contraires aux Écritures, cela ne devrait pas faire taire l’Église ; il devrait affiner son enseignement sur ce à quoi ressemble la justice dans le leadership.
Lorsque les Églises se désengagent, elles renforcent involontairement les idéologies contre lesquelles elles prêchent. Le silence face à la décadence morale n’est pas la neutralité, c’est la complicité.
Nous avons déjà vu le prix du silence. Charlie Kirk a perdu la vie en engageant l'Église, appelant les croyants à défendre la vérité et le courage à une époque de confusion morale. Le Dr Voddie Baucham a passé ses derniers jours à avertir l'Église des dangers du marxisme culturel et de l'abandon de l'orthodoxie biblique, tant en chaire que sur la place publique. Ces hommes n’ont pas reculé ; ils ont tout donné pour éveiller l'Église à sa responsabilité. Leurs voix nous rappellent que la foi sans action est morte – et que le silence face à la tromperie est en soi une forme d’apostasie.
Notre foi nous pousse à agir. Les élections ne détournent pas l’attention de l’Évangile ; ce sont des moments où les implications de l'Évangile sont mises à l'épreuve dans la vie publique. Aider un candidat pieux à se présenter aux élections n’est pas « politique ». C'est l'obéissance à l'appel du Christ à être sel et lumière dans tous les domaines.
Il est temps pour les pasteurs de redécouvrir leur rôle prophétique – non pas en tant qu'agents politiques, mais en tant que bergers qui guident leurs troupeaux pour qu'ils pensent bibliquement à tout, y compris aux urnes. L’Église doit cesser de considérer l’engagement civique comme facultatif. Il s’agit en fait de l’un des actes les plus spirituels qu’un croyant puisse accomplir : appliquer la vérité biblique à la gestion de la liberté.
Si l’Église ne s’engage pas dans la culture lorsque cela compte le plus, alors elle a renoncé à l’autorité morale de se plaindre de la direction que prend la culture.

