Les élus de la Ville de Québec votent pour retirer le crucifix exposé dans la salle du conseil
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Les élus de la Ville de Québec votent pour retirer le crucifix exposé dans la salle du conseil

Les autorités de la Ville de Québec ont voté en faveur du retrait d'un crucifix exposé dans la salle du conseil municipal. Cette décision fait suite à une recommandation de conserver l’objet dans une collection patrimoniale tout en renforçant le principe de « laïcité » de l’État.

Le crucifix sera transféré dans la collection d'objets ethno-historiques de la ville de Québec, selon la CBC. La décision s’aligne sur une tendance provinciale visant à retirer les symboles religieux des espaces gouvernementaux.

La résolution du conseil intervient après des mois de délibérations par une commission consultative sur « l'inclusion », qui avait conclu que le crucifix était incompatible avec un espace censé incarner la neutralité démocratique et religieuse.

La commission, composée d'élus, de membres de la communauté et du chef de la Nation Wendat, aurait consulté des experts juridiques et historiques pour étayer ses conclusions.

Le crucifix a été placé pour la première fois dans la salle du conseil en 1936, retiré dans les années 1970 et réinstallé une décennie plus tard. Le crucifix accroché dans la chambre a été sculpté par l'artiste Jacques Bourgault.

En septembre, le maire Bruno Marchand a publiquement soutenu la conclusion de la commission selon laquelle la chambre du conseil doit refléter la neutralité de l'État.

Sa position marque une rupture avec celle de l'ancien maire Régis Labeaume, qui avait conservé le crucifix en 2019, le qualifiant d'objet historique qu'il ne fallait pas retirer au nom de la laïcité. Le projet de loi 21, officiellement intitulé « Loi concernant le renforcement de la laïcité au Québec » et adopté en 2019, est une loi provinciale renforçant la laïcité dans les institutions publiques.

La même année, le crucifix qui était accroché pendant des décennies à l'Assemblée nationale du Québec a été démonté du haut du fauteuil du Président dans la Salle Bleue, marquant l'un des premiers retraits de ce type dans l'histoire politique récente de la province.

La semaine dernière, le gouvernement de la Coalition Avenir Québec a déposé le projet de loi 9, qui vise à bâtir sur les mesures de laïcité existantes adoptées sous le premier ministre François Legault, dont le projet de loi 21.

En septembre, le gouvernement du Québec a proposé d'interdire la prière publique, suscitant les critiques des chefs religieux. L'archevêque Christian Lépine de Montréal avait déclaré à l'époque qu'une telle politique porterait atteinte aux libertés fondamentales dans une société démocratique, selon l'agence de presse catholique.

Il a fait valoir que l’interdiction de la prière en public pourrait décourager les actions qui rassemblent les gens pendant les périodes de stress économique, social et environnemental. « Au fond, interdire la prière publique reviendrait un peu à interdire la pensée elle-même », écrit-il dans une lettre publiée le 2 septembre.

L'archevêque a déclaré que la proposition entrerait en conflit avec la Charte canadienne des droits et libertés et avec la Charte québécoise des droits et libertés de la personne. Il l'a également qualifié d'incompatible avec la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Lépine a déclaré que le pèlerinage pénitentiel du pape François au Canada en 2022, qui comprenait un arrêt à Québec, aurait pu être interdit en vertu d'une telle loi.