Le problème des déclarations spirituelles dans les milieux pentecôtistes
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Le problème des déclarations spirituelles dans les milieux pentecôtistes

Au cours des dernières décennies, il y a eu une tendance croissante, en particulier dans les cercles charismatiques et pentecôtistes, à mettre l’accent sur la pratique consistant à faire des déclarations et des décrets. Beaucoup croient que le simple fait de prononcer un mot – qu’il s’agisse de guérison, de l’élection d’un candidat politique ou même de la fin d’une pandémie – produira des résultats immédiats et visibles.

La pandémie de COVID-19, par exemple, a vu de nombreux dirigeants de haut niveau décréter la fin du virus ou revendiquer des résultats politiques, mais ces proclamations ne se sont pas concrétisées. Ce phénomène appelle un examen théologique plus approfondi, surtout lorsqu'il est comparé à la pratique biblique de l'intercession et de l'attente de la volonté de Dieu.

Je crois que les déclarations échouent souvent lorsqu'elles sont faites avec présomption – sans le travail fondamental d'intercession, de foi et de compréhension de la volonté spécifique de Dieu. Ce problème ne concerne pas les déclarations elles-mêmes mais l’hypothèse selon laquelle on peut contourner les processus plus profonds de discernement et de prière. Par conséquent, faire des déclarations présomptueuses court-circuite souvent le processus de prière d’intercession dirigée par l’Esprit, qui conduit à une percée.

En outre, certaines personnes croient à tort que, simplement parce qu’elles détiennent le titre d’apôtre ou de prophète, elles possèdent l’autorité inhérente pour faire des déclarations que Dieu est tenu d’accomplir en fonction de leur seule position. Cette hypothèse confond une fonction spirituelle assumée avec une autorité spirituelle. Cependant, Dieu n’est pas obligé d’honorer les déclarations faites en dehors de son dessein, quelle que soit la position ecclésiale de l’individu.

La base biblique pour faire des déclarations

L’idée de créer des choses par la parole ou d’appeler « les choses qui ne sont pas comme si elles étaient » (Romains 4 : 17) est fréquemment citée par les partisans des décrets. Après tout, Abraham est un modèle de cette pratique, déclarant avec assurance qu’il engendrerait une grande nation. Cependant, la confiance d'Abraham ne reposait pas sur ses déclarations mais sur une promesse spécifique de Dieu. Dieu avait explicitement parlé à Abraham, lui assurant qu'il aurait un fils, et cette assurance divine posait les bases des paroles pleines de foi d'Abraham.

De même, lorsque Jésus a maudit le figuier (Marc 11 : 12-14), ce n’était pas un acte de pouvoir arbitraire. Jésus passait souvent des nuits entières en prière et agissait en profonde communion avec le Père. Ésaïe 50 : 4 souligne comment, « matin après matin », Dieu a donné à Jésus la sagesse et les paroles dont il avait besoin chaque jour. Jésus n'a fait que ce qu'il a vu faire son Père (Jean 5 : 19), ce qui indique que ses actions, y compris l'incident du figuier, découlaient d'une connaissance intime de la volonté de Dieu. C'est une distinction essentielle. Les déclarations ne sont efficaces que lorsqu'elles sont alignées sur le dessein révélé de Dieu, obtenu grâce à une vie de prière et d'intercession.

Le pouvoir et le processus d’intercession

Contrairement à l'approche miracle des décrets, l'intercession implique un processus patient et souvent sacrificiel de recherche de la volonté de Dieu. Il ne s'agit pas simplement de présenter des requêtes, mais de se tenir dans l'écart, de servir d'intermédiaire entre le Ciel et la terre et d'aligner son esprit sur la direction du Saint-Esprit. Je soutiens que l’Église moderne a largement perdu cet « art de l’intercession », le remplaçant par des listes de prières superficielles ou des proclamations rapides.

La véritable intercession demande du temps, du discernement et la volonté d’attendre une avancée décisive. Pendant que nous prions, le Saint-Esprit nous donne souvent un aperçu de ce que Dieu fait et de la manière dont nous devrions prier. Romains 8 : 26-27 en parle, nous rappelant que l'Esprit nous aide dans notre faiblesse, intercédant à travers nous selon la volonté de Dieu. Sans ce discernement, les déclarations peuvent devenir creuses, de simples mots sans le soutien de l'autorité du Ciel.

Je me souviens qu'au début des années 1990, un ouragan de catégorie 5 se dirigeait vers Porto Rico. Sentant un fardeau urgent de la part de Dieu, notre église locale s'est engagée dans des heures de prière et d'intercession, cherchant le dessein de Dieu pour l'île. Nous nous sommes sentis autorisés à déclarer que l’ouragan ne se détournerait qu’après avoir acquis un profond sentiment de foi. Et en effet, la tempête a changé de cap de manière inattendue, épargnant Porto Rico. Ce récit souligne le principe selon lequel les déclarations doivent suivre l’intercession et non la précéder.

Les déclarations doivent être enracinées dans la volonté de Dieu

Le principal problème de nombreuses déclarations contemporaines est qu’elles sont fondées sur des désirs humains plutôt que sur des directives divines. La Bible encourage les croyants à avoir la foi et à parler avec autorité (Marc 11 :23-24), mais l'enseignement de Jésus met également l'accent sur la nécessité de croire dans le cœur avant de parler avec la bouche. La foi n'est pas un optimisme présomptueux mais une assurance confiante qui vient de l'écoute de la voix de Dieu. Romains 10 :17 nous le rappelle : « la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Dieu ». Sans d’abord entendre Dieu, les déclarations deviennent de la rhétorique vide de sens.

Malheureusement, de nombreux croyants souhaitent aujourd’hui éviter le travail de prière et d’intercession, optant plutôt pour des déclarations rapides dans l’espoir d’obtenir des résultats immédiats. Cependant, la foi ne se développe pas par des raccourcis. L'autorité spirituelle de déclarer vient après avoir investi du temps dans la présence de Dieu, discerné sa volonté et permis à la foi de s'éveiller dans le cœur.

L’importance de la foi induite par l’Esprit

Au cœur des déclarations efficaces se trouve la « foi induite par l'Esprit », une foi qui naît de la direction du Saint-Esprit et de la Parole de Dieu. Il ne suffit pas de citer les Écritures ou de parler positivement. Il doit y avoir un alignement spirituel entre les paroles du croyant et la volonté de Dieu. C’est ce qui rend les déclarations puissantes. Lorsque les paroles prononcées sont remplies de l’autorité de Dieu et soutenues par la foi, elles portent le poids du ciel. Mais ils produisent souvent peu ou pas de résultats s’ils sont faits à la hâte, sans le fondement du respect du Christ, de la prière et de l’intercession.

L’histoire de Jésus maudissant le figuier et ordonnant aux montagnes de se déplacer (Marc 11 : 23) n’a de sens qu’à la lumière de son lien constant avec le Père. Avant que Jésus n’accomplisse des miracles ou ne prenne des décrets, il passait du temps dans la solitude, dans la prière et en communion intime avec Dieu. Ce modèle montre que l’autorité spirituelle découle de relations et non de déclarations formelles.

Le contraste entre les décrets et l’intercession est crucial pour l’Église d’aujourd’hui. Même si les déclarations ont leur place, elles ne remplacent pas le lent et intentionnel travail d’intercession. Les déclarations doivent être basées sur une foi induite par l'Esprit dans la volonté de Dieu. Sans un fondement d’intercession, où le croyant s’attend à Dieu, écoute sa voix et discerne ses desseins, les déclarations risquent de n’être que des paroles vides de sens.

À une époque où les solutions rapides et les solutions rapides sont prisées, l’appel au retour à l’intercession est plus pertinent que jamais. L’Église doit retrouver l’art d’attendre Dieu, de rechercher sa volonté et de permettre à la foi induite par l’esprit de façonner ses déclarations. Ce n’est qu’alors que les paroles que nous prononçons auront l’autorité nécessaire pour réaliser la volonté du Ciel sur terre.