HISTORIQUE ! LES USA RECONNAISSENT JERUSALEM COMME CAPITALE DE L'ETAT D'ISRAEL

La décision du président Trump a bien évidemment été chaleureusement saluée par Benjamin Netanyahu (photo : Lior Mizrahi/Getty Images)
Donald Trump: « La décision sur Jérusalem aurait dû être prise depuis longtemps ».
C’est ce qu’indiquait la troisième section du Jerusalem Embassy Act, voté par le Congrès des États-Unis en octobre 1995, soit vingt-deux ans avant que Donald Trump ne reconnaisse, ce mercredi 6 décembre 2017, Jérusalem comme capitale de l’État israélien et n’annonce le déménagement de l’ambassade des États-Unis dans la ville sainte.
Votée peu après le deuxième volet des accords de paix d’Oslo, cette loi n’avait donc jamais été appliquée depuis alors qu’elle avait fait l’objet d’un assez large consensus entre les Démocrates, alors à la Maison-Blanche, et les Républicains, qui dominaient le Congrès: le Sénat avait voté le texte par 93 voix contre 5 et la Chambre des représentants l’avait approuvé par 374 voix contre 37.
Mais une clause dérogatoire y avait été ajoutée, permettant au président d’en suspendre l’application pour six mois dans le cas où cela lui semblerait nécessaire afin de «protéger les intérêts de la sécurité nationale des États-Unis». De l’administration Clinton à l’administration Trump, qui avait décidé d’un nouveau sursis en juin, en passant par celles de Bush Jr. et d’Obama, l’application du Jerusalem Embassy Act avait ainsi été repoussée de six mois en six mois. Le motif principal étant de ne pas mettre en péril le processus de paix israélo-palestinien en témoignant une préférence pour Israël, les deux pays revendiquant Jérusalem comme capitale. Trump a donc tranché net et adopté une décision complètement à contre-courant de ses prédécesseurs.
Le président américain rapelle que ce projet était l’une de ses promesses de campagne
Le cabinet de Benyamin Nétanyahou a diffusé immédiatement après le discours de Donald Trump une allocution du premier ministre israélien, exprimant une « profonde reconnaissance » à son égard. Le chef du gouvernement a souligné les liens millénaires des juifs avec la ville de Jérusalem, qui a concentré depuis trois mille ans « leurs espoirs, leurs rêves et leurs prières ».
Les autres réactions au niveau international ont été tantôt glaciales, tantôt menaçantes :
Jérusalem est la « capitale éternelle de l’Etat de Palestine », a martelé, de son côté, Mahmoud Abbas. Le président palestinien, a affirmé mercredi soir que les Etats-Unis ne pouvaient plus jouer leur rôle historique d’intermédiaire de la paix. « Par ces décisions déplorables, les Etats-Unis sapent délibérément tous les efforts de paix et proclament qu’ils abandonnent le rôle de sponsor du processus de paix qu’ils ont joué au cours des dernières décennies », a-t-il ajouté à la télévision palestinienne.
Dans la bande de Gaza, le mouvement islamiste palestinien Hamas, a affirmé dans la foulée que cette décision ouvrait « les portes de l’enfer pour les intérêts américains dans la région ». Un haut responsable du Hamas, Ismaïl Radouane, qui s’exprimait devant les journalistes dans la bande de Gaza, a appelé les pays arabes et musulmans à « couper les liens économiques et politiques » avec les ambassades américaines et à expulser les ambassadeurs américains.
« Nous condamnons la déclaration irresponsable de l’administration américaine (…). Cette décision est contraire au droit international et aux résolutions de l’ONU », a réagi le ministre turc des affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, sur Twitter.
Le gouvernement de Jordanie, pays gardien des lieux saints musulmans à Jérusalem, a dénoncé comme « une violation du droit international et de la charte des Nations unies » l’annonce faite par Donald Trump. Il a affirmé que le droit international et la charte de l’ONU « soulignent que le statut de Jérusalem doit être décidé via des négociations, et considère toutes les mesures unilatérales visant à imposer des réalités nouvelles sur le terrain comme nulles et non avenues ».
Macron juge la décision « regrettable »
Le président de l’autorité palestinienne a bien mal accueilli la nouvelle et a également réaffirmé que Jérusalem est « la capitale éternelle de la Palestine ». (photo : THOMAS COEX / AFP)
Cette décision va t elle vraiment remettre en cause tout le processus de paix ? Voici l’avis de Frédéric Encel, géopolitologue et spécialiste du Proche-Orient :
« On n’imagine pas que Donald Trump prenne la responsabilité de cette initiative de manière totalement unilatérale », tempère le géopolitologue. « Il va proposer quelque chose en échange, soit sur l’Iran, soit en termes de retour sur les rails du processus de négociation. Ca ne peut pas être une initiative sans réplique en faveur du monde arabe. »
Mais alors qu’à donc Trump derrière la tête ? Il projetterait de dévoiler l’intégralité de son plan pour la fin de ce mois et il a déjà prévenu : ça sera « tout ou rien » !
voir l’article : “Tout ou rien”. Le plan de Trump aux Israéliens et aux Palestiniens
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/12/06/jerusalem-reconnue-capitale-d-israel-netanyahou-salue-un-jour-historique-le-hamas-menace-les-etats-unis_5225831_3218.html#wH3u1RPXk5uixKth.99
https://www.rtbf.be/info/monde/detail_donald-trump-la-decision-sur-jerusalem-aurait-du-etre-prise-depuis-longtemps?id=9782398
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/12/06/macron-juge-regrettable-la-decision-de-trump-de-reconnaitre-jerusalem-comme-capitale-d-israel_5225828_3218.html#eqaMzlmQ2kY52wbj.99
https://www.rts.ch/info/monde/9148302-jerusalem-reconnue-comme-capitale-d-israel-va-complexifier-les-choses-.html
