Un pasteur kenyan reconnu coupable de tournage illégal ;  pas encore accusé de plus de 400 décès
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Un pasteur kenyan reconnu coupable de tournage illégal ; pas encore accusé de plus de 400 décès

Paul Nthenge Mackenzie, un prédicateur kenyan lié à une secte apocalyptique qui a causé plus de 400 morts après avoir ordonné aux membres de l’église de jeûner afin de pouvoir « rencontrer Jésus », a été reconnu coupable d’avoir exploité un studio de cinéma sans licence.

Olga Onalo, la magistrate principale de Malindi, a condamné Mackenzie pour projection non autorisée de films via sa chaîne Times Television, contournant ainsi le Kenya Film Classification Board, a rapporté l’Associated Press.

Mackenzie, détenu depuis plus de six mois depuis son arrestation en avril, fait face aux conséquences d’une macabre découverte : des centaines de corps dans des fosses communes sur sa propriété de 800 acres dans le comté de Kilifi. Malgré cela, il n’a pas été inculpé pour ces décès.

Le prédicateur, lié aux directives de famine adressées à ses disciples dans sa quête pour rencontrer Jésus, a éludé des accusations supplémentaires d’influence sur les enfants contre l’école et d’incitation à la haine religieuse. La condamnation pour les infractions liées au film est prévue pour le 1er décembre, ce qui pourrait conduire à une peine de cinq ans de prison, a indiqué l’AP.

Les procureurs ont réclamé une détention prolongée, permettant à la police de conclure ses enquêtes, notamment de retrouver les personnes disparues. Cette arrestation et le raid ultérieur dans la forêt de Shakahola, motivés par des informations faisant état de famine sous l’influence de Mackenzie, ont suscité des demandes en faveur d’une réglementation plus stricte de l’église au Kenya.

La secte, connue pour sa « Terre Sainte » réinventée avec des villages aux noms bibliques, est sous surveillance depuis que la BBC a rapporté les récits d’enfants évadés faisant état de décès de familles dus à la famine, une affirmation reprise par d’anciens membres de la secte.

La chaîne britannique s’est entretenue avec Stephen Mwiti, dont l’épouse, Bahati Joan, a cru en la prophétie et a disparu de Malindi, au sud-est du Kenya, avec leurs six enfants en août dernier.

On a découvert que Bahati Joan et ses enfants avaient rejoint la congrégation du pasteur Mackenzie dans la forêt isolée de Shakahola, à deux heures de route de Malindi et connue pour ses buissons épineux, ses fourrés et sa chaleur étouffante.

Nthenge s’était livré à la police et avait été inculpé après que deux enfants soient morts de faim alors qu’ils étaient sous la garde de leurs parents en mars. Il a d’abord été libéré sous caution de 700 dollars (100 000 shillings kenyans), mais a été de nouveau arrêté le 15 avril après la découverte de quatre autres corps à l’époque.

D’anciens membres de l’Église ont affirmé qu’ils avaient été contraints de mourir de faim dans le cadre de leur adhésion à ses enseignements.

La BBC a cité Titus Katana, un évadé, disant que ceux qui tentaient de quitter la secte étaient qualifiés de traîtres et violemment attaqués. Il a également suggéré qu’il y avait un ordre dans lequel les gens étaient censés mourir, les enfants étant les premiers à partir.