Mozambique : des chrétiens massacrés par des djihadistes

Publié le 11 Mai 2020

L'épidémie de COVID-19 fait passer totalement inaperçue  la situation critique à laquelle sont confrontés  les chrétiens au Mozambique depuis plusieurs semaines. (photo : Andre Baptista)

L'épidémie de COVID-19 fait passer totalement inaperçue la situation critique à laquelle sont confrontés les chrétiens au Mozambique depuis plusieurs semaines. (photo : Andre Baptista)

L’épidémie engendrée par le nouveau coronavirus fait passer au second plan les persécutions sanglantes dont les chrétiens sont victimes : ainsi, durant la semaine de Pâques, plus de cinquante jeunes ont été massacrés au Mozambique. Une exécution de masse attribuée aux islamistes d’Al-Chahab, qui souhaitent instaurer le califat dans la région. 

« Nous ne voulons pas un gouvernement de mécréants, nous voulons le gouvernement d'Allah », affirme l’homme qui revendique son appartenance à Al-Chahad (« les jeunes », en langue arabe), un groupe djihadiste qui veut instaurer la loi islamique en Afrique de l’Est. 

En croisant les versions données le 20 avril 2020 par le chef de la police, Orlando Mudumane, et le journaliste Armando Nhantumbo, on peut se faire une idée du massacre perpétré le 7 avril dernier. 

Il est 13 heures lorsqu’un détachement d’Al-Chahad fait irruption sur la place centrale du village de Xitaxi (nord du pays), quasi-déserte à cette heure. Tous les jeunes hommes sont alors rassemblés par des hommes armés qui leur intiment l’ordre d’embrasser immédiatement la cause de l’islam et du djihad. Leur but est de recruter pour grossir leurs propres troupes afin de s’enfoncer davantage dans une région à majorité chrétienne. Leur objectif est d’atteindre Nangololo, l’une des plus anciennes missions catholiques du pays. Tout un symbole. 

Les jeunes gens refusent, et aussitôt commence le massacre : cinquante-deux sont décapités sur place ; ceux qui tentent de s’enfuir tombent pour la plupart sous les balles. 

Deux jours plus tard, le 9 avril, Al-Chahad continue sa sinistre progression : cinq chrétiens sont massacrés à Muambala, et une église est incendiée. Puis c’est l’arrivée à Nangololo, où   l’église du Sacré-Cœur, l’une des plus anciennes du pays et sont école, sont saccagées. 

In extremis, les missionnaires réussissent à fuir vers Pemba, tandis que leurs maisons sont incendiées. Le lendemain, jour de Vendredi Saint, cinq personnes meurent dans un nouvel assaut lancé par les djihadistes, dont une brûlée vive. 

Luiz Fernando Lisboa, évêque de Pemba, a dénoncé le 27 avril cette série d’attaques meurtrières : « il est important que l’on sache ce qui se passe (…). Ici, les gens ont beaucoup souffert. Il y a des centaines de morts, des milliers de personnes qui ont dû quitter leurs maisons. C’est une injustice qui crie vers le ciel. » 

Début mai, les forces de sécurité du Mozambique disent avoir tué plus d'une centaine de membres des groupes islamistes, qui sèment la terreur dans la province du Cabo Delgado, au nord du pays. Des violences qui ont fait au moins 900 morts, selon un décompte de l'ONG spécialisée Acled, et causé le déplacement de plus de 150 000 personnes, selon les autorités.

 

 

sources : fsspx.news

francetvinfo.fr

Rédigé par PERSCH Emmanuel

Publié dans #Eglise persécutée

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