L’horloge de l’apocalypse plus près de minuit que jamais...

Publié le 26 Janvier 2020

A sa création, après la seconde guerre mondiale, l’horloge indiquait minuit moins sept. En 1991, à la fin de la guerre froide, elle avait reculé jusqu’à dix-sept minutes avant minuit. En 1953, ainsi qu’en 2018 et 2019, elle affichait minuit moins deux... (photo : Picture-Alliance/Newscom)

A sa création, après la seconde guerre mondiale, l’horloge indiquait minuit moins sept. En 1991, à la fin de la guerre froide, elle avait reculé jusqu’à dix-sept minutes avant minuit. En 1953, ainsi qu’en 2018 et 2019, elle affichait minuit moins deux... (photo : Picture-Alliance/Newscom)

L’horloge de l’apocalypse, imaginée en 1947 pour symboliser l’imminence d’un cataclysme planétaire, a été avancée à minuit moins cent secondes par le groupe de scientifiques la gérant.

« Nous exprimons désormais en secondes le temps séparant le monde de la catastrophe, non plus en heures ou en minutes », a déclaré Rachel Bronson, présidente et directrice générale du Bulletin of Atomic Scientists, lors d’une conférence de presse à Washington, comme chaque année en janvier. L’an dernier, l’horloge indiquait minuit moins deux. L’aiguille a donc été avancée de vingt secondes. Un groupe d’experts, dont treize lauréats du prix Nobel, fixe chaque année la nouvelle heure.

 

A l’origine, après la seconde guerre mondiale, l’horloge indiquait minuit moins sept. En 1991, à la fin de la guerre froide, elle avait reculé jusqu’à dix-sept minutes avant minuit. En 1953, ainsi qu’en 2018 et 2019, elle affichait minuit moins deux.

Traités sur les armes nucléaires, Iran, Corée du Nord

Sur le front nucléaire, les scientifiques ont constaté le démantèlement du socle de contrôle international des armements, avec le retrait des Etats-Unis et de la Russie du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF) en 2019. Les Etats-Unis  menacent de ne pas renouveler le traité New Start de réduction des armes stratégiques nucléaires, conclu en 2010, après son expiration en 2021.

« Cette année, nous pourrions assister à d’autres événements que l’effondrement total de l’accord sur le nucléaire iranien », a déclaré l’experte Sharon Squassoni. Quant à la Corée du Nord, l’approche directe de Donald Trump avec Kim Jong-un n’a toujours pas porté ses fruits, dit-elle.

Echecs des deux grands sommets de l’année

Concernant le climat, les experts ont pointé la déception de deux grands sommets consacrés au climat, qui n’ont pas suscité les engagements nécessaires des grands pays pollueurs pour infléchir la courbe des émissions de gaz à effet de serre.

L’année 2019 fut la deuxième la plus chaude jamais enregistrée, après 2016, et le dérèglement climatique s’est illustré avec des records de chaleur, la fonte de l’Arctique et les incendies exceptionnels en Australie.

« Si l’humanité pousse le climat vers l’opposé d’un âge de glace, nous n’avons aucune raison de croire qu’un tel monde resterait hospitalier pour la civilisation humaine », a dit Sivan Kartha, scientifique du Stockholm Environment Institute.

Désinformation sur les réseaux sociaux

Le groupe a aussi blâmé d’autres catalyseurs de délitement sociétal tels que les campagnes de désinformation et les deepfakes (vidéos trafiquées), ainsi que l’émergence des armes fondées sur de l’intelligence artificielle, comme des drones capables de tuer sans supervision humaine. Sans compter la nouvelle militarisation de l’espace.

« Nous appelons les dirigeants mondiaux à éloigner l’humanité du précipice », a lancé Mary Robinson, présidente du groupe des Anciens (Elders) et ancienne présidente irlandaise. « Le temps est venu de se rassembler et d’agir. »

 

source : lemonde.fr

Rédigé par PERSCH Emmanuel

Publié dans #signes des temps

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