Hongkong: un chant chrétien est devenu l’hymne des manifestations pacifiques

Publié le 22 Juin 2019

«Chantez Alléluia au Seigneur» est chanté par les manifestants hongkongais en guise de signe de ralliement et d’apaisement face aux forces de l’ordre. (photo : EPA)

«Chantez Alléluia au Seigneur» est chanté par les manifestants hongkongais en guise de signe de ralliement et d’apaisement face aux forces de l’ordre. (photo : EPA)

«Chantez Alléluia au Seigneur» est chanté par les manifestants hongkongais en guise de signe de ralliement et d’apaisement face aux forces de l’ordre. Depuis le 9 juin, la population est massivement descendue dans la rue pour protester contre une loi d’extradition vers la Chine continentale.

«Sing Hallelujah to the Lord» résonne dans les rues de Hongkong, entonné par plusieurs centaines de milliers de manifestants. La scène a de quoi surprendre: la douce et belle mélodie tranche avec l’idée qu’on peut se faire en Occident des chants de ralliements belliqueux et énergiques lors des mouvement de protestations. Pourtant, le cantique a été entendu de nombreuses fois devant le Conseil législatif de la ville, site principal des manifestations, et repris dans différents lieux et à différentes dates du mouvement qui dure depuis dimanche 9 juin.

 

Les premières explications sont empiriques. Les chrétiens représentent à peine 10% de la population, mais de nombreux fidèles ont rejoint les défilés pacifiques. Le chant a d’abord été lancé par un groupe d’étudiants face à des policiers le 12 juin. Le lendemain, le cardinal Joseph Zen, évêque émérite de Hongkong connu pour s’opposer au gouvernement chinois, a prononcé une homélie en soutien à la jeunesse, avant de lancer un appel à tous les fidèles, dimanche 16 juin, pour «prendre part» aux marches. Les chrétiens ont été «un élément visible des manifestations» écrit le New York Times, «fournissant nourriture et abri» et «condamnant les efforts de la police» pour disperser les manifestants.

Même une fois le projet de loi d’extradition suspendu, le diocèse catholique de Hongkong a publié un communiqué demandant son retrait, ainsi qu’une enquête approfondie sur les affrontements entre manifestants et policiers le 12 juin.

Un signe de pacifisme et un message universaliste

En chantant le cantique, les manifestants espèrent apaiser la répression des autorités à laquelle les hongkongais ne sont pas habitués. En vertu du principe «Un pays, deux systèmes» instauré depuis la rétrocession de Hongkong par la Grande-Bretagne à la Chine en 1997, l’archipel jouit de nombreuses libertés, notamment de croyance, héritées du système politique britannique et qui n’existent pas en Chine continentale. Les réunions religieuses sur la voie publique, même sans permis préalable, ne tombent pas dans l’escarcelle des rassemblements que le gouvernement peut interdire.Court, facile à retenir et signe d’apaisement, le chant chrétien a été rapidement et assez naturellement repris par les manifestants non-chrétiens.

On peut aussi voir dans cet hymne particulier un soutien adressé aux chrétiens en Chine continentale. Celle-ci considère le christianisme comme une influence occidentale qui met en péril sa culture. Les chrétiens, pourtant de plus en plus nombreux en Chine, subissent la répression du Parti communiste. Depuis plus de cinq ans et l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping, le Parti veut créer une théologie chrétienne compatible avec «le chemin du socialisme», avait déclaré en 2014 Wang Zuan, le dirigeant de l’administration d’État pour les affaires religieuses.

voir : Chine : les autorités veulent adapter le christianisme au communisme

Pour les Hongkongais, utiliser ce chant chrétien symbolise également des valeurs d’ouverture et d’universalisme, chères à ce territoire indépendant.

Pour en savoir plus sur la situation des chrétiens en Chine, cliquer sur le lien ci-dessous :

http://www.lalumieredumonde.fr/search/chine/

 

 

source : lefigaro.fr

Rédigé par PERSCH Emmanuel

Publié dans #actualité, #vidéos, #Eglise persécutée

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