Chine : les autorités veulent adapter le christianisme au communisme

Publié le 13 Mars 2019

Xu Xiaochong, haut responsable chinois a déclaré vouloir éliminer toute influence étrangère dans le christianisme. (Photo: Xinhua/Ding Haitao)

Xu Xiaochong, haut responsable chinois a déclaré vouloir éliminer toute influence étrangère dans le christianisme. (Photo: Xinhua/Ding Haitao)

Un haut responsable chinois a déclaré lundi devant le parlement de Pékin que l'Église protestante chinoise devait être débarrassée de toute influence étrangère.

Rarement un haut responsable du régime communiste chinois s'était exprimé avec autant de virulence contre le christianisme. «Les forces occidentales anti-chinoises tentent de troubler la stabilité sociale de notre pays et même de renverser le pouvoir politique» par le biais de cette religion, a affirmé lundi Xu Xiaochong, président du «Mouvement patriotique» protestant.

Cette association est l'un des cinq organismes étatiques - supervisées par le Parti communiste chinois (PCC) - auxquels doivent s'affilier les cinq religions reconnues en Chine (protestantisme, catholicisme, bouddhisme, taoïsme et islam). Les communautés religieuses qui refusent cette tutelle sont considérées comme illégales.

«Nous soutenons fermement le pays pour qu'il traduise en justice les rares brebis galeuses qui se placent sous la bannière du protestantisme afin de participer à la subversion de la sécurité nationale», a insisté Xu Xiaohong, devant la chambre consultative du Parlement, réunie en session annuelle à Pékin.

L'essor rapide des Églises protestantes non officielles dans les villes ces quinze dernières années inquiète au plus haut point le Parti, qui se méfie de toutes les organisations susceptibles de contester son autorité, surtout si elles ont un lien avec l'étranger. La Chine compte quelque 60 millions de protestants, dont plus de la moitié pratique leur foi en dehors d'une structure étatique, souvent dans des appartements.

L'étau ne cesse de se resserrer sur l'ensemble des cultes depuis l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping, fin 2012. En 2016, plus de 1500 croix surmontant des Églises, essentiellement protestantes, ont été décrochées dans la province du Zhejiang.

Croix enlevées, églises démolies, arrestations arbitraires... Les persécutions contre les chrétiens qui ne veulent de l'ingérence du parti communiste dans leur foi se multiplient fortement. (photo : China Aid Association / AFP)

Croix enlevées, églises démolies, arrestations arbitraires... Les persécutions contre les chrétiens qui ne veulent de l'ingérence du parti communiste dans leur foi se multiplient fortement. (photo : China Aid Association / AFP)

La pression s'est accentuée sur les Églises chrétiennes «clandestines» depuis l'entrée en vigueur, en début d'année dernière, de réglementations destinées à «siniser» les religions, c'est-à-dire à éliminer toute influence extérieure. Les autorités ont ainsi dissous des communautés protestantes jugées illégales ou arrêté un éminent pasteur, accusé «d'incitation à la subversion», selon certains membres de son Église. Cette répression concerne aussi les communautés catholiques non officielles, alors même qu'un rapprochement entre Pékin et le Vatican est en discussion.

«Continuer sur la voie d'une sinisation du protestantisme est l'espoir ardent du Parti et du gouvernement. C'est un choix inévitable pour le développement sain de l'Église chinoise», a poursuivi Xu Xiaohong, appelant à «éliminer sans relâche l'empreinte de «religion étrangère» associée au christianisme chinois». Et le zélé dirigeant d'ajouter: «ce n'est qu'en promouvant continuellement et en appliquant les valeurs centrales du socialisme que notre Christianisme peut vraiment s'adapter à la société socialiste».

Les autorités chinoises planifient une nouvelle traduction "plus chinoise" de la Bible... (photo : Xinhua/Sun Can)

Les autorités chinoises planifient une nouvelle traduction "plus chinoise" de la Bible... (photo : Xinhua/Sun Can)

Cette thématique fait partie des nombreux sujets de tension sino-américains. Depuis Hongkong, l'ambassadeur des États-Unis pour la liberté religieuse, Sam Brownback, a accusé la semaine dernière la Chine de livrer «une guerre à la religion (…) qu'elle ne peut pas gagner». En réaction, Pékin a sommé Washington de «respecter les faits, de refréner arrogance et préjugés et de cesser d'utiliser la religion pour s'insérer dans les affaires intérieures de la Chine».

 

source : lefigaro.fr

Rédigé par PERSCH Emmanuel

Publié dans #Eglise persécutée

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article