USA : 300 prêtres catholiques accusés d’actes pédophiles sur plus de 1000 enfants

Publié le 16 Août 2018

Selon le rapport rédigé par un jury populaire, « les hauts responsables de l’Eglise ont le plus souvent échappé à leurs responsabilités ». (photo : AFP/Felippo Monteforte)

Selon le rapport rédigé par un jury populaire, « les hauts responsables de l’Eglise ont le plus souvent échappé à leurs responsabilités ». (photo : AFP/Felippo Monteforte)

Presque tous les cas révélés par une vaste enquête en Pennsylvanie sont prescrits. Seuls deux prêtres ont été inculpés.

Une enquête des services du procureur de Pennsylvanie, dans l’est des États-Unis, publiée mardi, a mis au jour des abus sexuels perpétrés par plus de 300 « prêtres prédateurs » et couverts par l’église catholique de cet État, dont ont été victimes au moins mille enfants.

Le rapport final, qui a été rédigé par un jury populaire auquel avaient été soumises les conclusions de l’enquête, indique que « quasiment tous les cas » allégués sont aujourd’hui frappés par la prescription et ne peuvent être poursuivis pénalement.

Deux prêtres ont néanmoins été inculpés, l’un pour des agressions sexuelles répétées sur plusieurs enfants, dont les plus récentes remontent à 2010. Un autre prêtre, accusé d'agression sur un enfant de 7 ans, a plaidé coupable fin juillet mais le chef d'accusation retenu est un délit et non un crime et n'est passible que de cinq ans d'emprisonnement au maximum.

Les noms rendus publics

Même s’ils ne sont plus passibles de poursuites, les jurés ont également choisi de rendre publics les noms de dizaines d’hommes d’église accusés de pédophilie par des éléments de l’enquête.

Le rapport évoque des agressions sexuelles dont certaines victimes présumées avaient moins de dix ans. Il cite le cas d'un prêtre ayant abusé de cinq sœurs, dont la plus jeune n'avait que 18 mois au début des faits présumés.

Ce n’est pas la première fois qu’un jury populaire publie un rapport dévoilant des cas de pédophilie au sein de l’Église catholique américaine, mais jamais une enquête n’avait révélé autant de cas.

« Des prêtres violaient des petits garçons et des petites filles et les hommes d’Église qui étaient leurs responsables n’ont rien fait. Durant des décennies », ont écrit les membres du jury dans le rapport publié mardi.

Évêques et cardinaux protégés malgré les réformes

Les jurés disent « reconnaître que beaucoup de choses ont changé (au sein de l’église catholique) ces quinze dernières années » mais soulignent que les deux inculpations montrent que « les abus d’enfants au sein de l’église n’ont pas disparu ».

Malgré des réformes institutionnelles, « les hauts responsables de l’église ont le plus souvent échappé à leurs responsabilités », poursuit le rapport.

Des évêques et des cardinaux « ont, pour l’essentiel, été protégés. Beaucoup, dont certains sont nommés dans ce rapport, ont été promus. Tant que cela ne change pas, nous pensons qu’il est trop tôt pour refermer le chapitre des scandales sexuels de l’Église catholique. »

Modifier la loi

Le jury formule plusieurs propositions de réforme, notamment une modification des textes de loi pour allonger le délai de prescription, au pénal et au civil, et restreindre le champ des accords de confidentialité, auxquels l’Eglise catholique a eu fréquemment recours, d’après l’enquête.

En mars 2016, The Guardian avait déjà révélé le rapport d’un grand jury qui accusait deux évêques d’avoir aidé à dissimuler les abus sexuels perpétrés par 50 prêtres catholiques, en Pennsylvanie précisément.

Selon l'organisation Bishop Accountability, 6 721 prêtres ont été accusés d'abus sexuels aux Etats-Unis pour des faits présumés inclus dans la période allant de 1950 à 2016. La même association estime à 18565 le nombre d'enfants victimes de ces agissements.

Des démissions

Fin juillet, le pape François a accepté la démission du célèbre cardinal Theodore McCarrick, accusé d'abus sexuels sur un adolescent. Plusieurs autres hauts prélats ont été contraints de démissionner pour avoir fermé les yeux, dont les cardinaux Roger Mahony (Los Angeles) et Bernard Law (Boston), décédé fin 2017.

Sorti en France en 2016, le film « Spotlight » du réalisateur Michael Keaton reconstituait l’enquête de journalistes qui ont révélé les premières affaires de pédophilie impliquant des prêtres catholiques dans la région de Boston, Massachusetts.

 

 

source : http://www.leparisien.fr/faits-divers/etats-unis-300-pretres-accuses-d-actes-pedophiles-sur-plus-de-1000-enfants-14-08-2018-7853016.php

Rédigé par PERSCH Emmanuel

Publié dans #apostasie

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