Les universités US donnent une préfiguration des persécutions qui attendent les chrétiens prochainement

Publié le 18 Août 2018

Le débat d'idées cède peu à peu la place à la guerre totale dans les universités américaines. (Photo : MCT/SIPAUSA/SIPA)

Le débat d'idées cède peu à peu la place à la guerre totale dans les universités américaines. (Photo : MCT/SIPAUSA/SIPA)

Louis Sarkozy : “Qu'est devenu le débat d'idées à l'université ?”

 

Louis Sarkozy, fils de l’ancien président de la République, vit aux États-Unis, où il étudie à la New York University. Mais il regrette que les débats, qui permettaient autrefois de forger le caractère des étudiants, aient tourné à la chasse à l'homme.

Étudiant dans une prestigieuse université Américaine, on pourrait penser que je suis un habitué des débats. Que nos cours suscitent des échanges nombreux, des oppositions de points de vue basés sur des faits concrets, tandis que nos professeurs tiennent le rôle d'arbitres impartiaux et objectifs, préférant la transmission des savoirs au sectarisme.

Malheureusement, si c'est l'image que vous avez des universités américaines, vous êtes très loin de la réalité.

Les étudiants ne peuvent plus adopter des opinions et positions divergentes. Les différentes écoles de pensées, où se côtoyaient des centaines de point de vue différents, ont été remplacées par seulement deux camps : le bien et le mal.

Aujourd’hui, dans l’enceinte académique américaine, la moindre opinion qui n'est pas considérée comme politiquement « acceptable » tombe instantanément dans la catégorie du mal. Non pas incorrecte, mal informée ou logiquement fallacieuse, mais moralement et éthiquement répugnante. Cette stratégie de diabolisation est, en elle-même, redoutablement efficace. Elle catalogue toute personne en désaccord avec vos propres opinions comme haineuse ou discriminatoire, et vous garantit ainsi la supériorité morale.

Cela devient problématique lorsque n’importe qui peut être qualifié de raciste, d'homophobe, de sexiste ou d'islamophobe simplement parce qu'il a des idées différentes des vôtres. Quand les insultes sont lancées, elles sont rarement retirées, et les arguments intellectuels sont jetés par la fenêtre.

 

Dans les universités américaines, la mise au ban des opinions divergentes est devenue la norme

Cette insupportable atmosphère est devenue la norme dans les universités américaines, avec des conséquences terribles pour tout le monde : les victimes sont socialement isolées et accusées de crimes dont elles sont innocentes, tandis que les persécuteurs se privent de l’opportunité d’entendre une opinion différente, renforçant l'idée que seule la leur mérite d'être défendue. Le résultat : le désaccord productif et bon-enfant qui animait il n'y a pas si longtemps les campus est devenu un fossile du passé.

Pour un outsider, cet environnement ressemble plus au meeting d’un parti des extrêmes qu’à une institution d’enseignement supérieur. Entre autres absurdités, des commentaires comme « le communisme, ce n’était pas si mal », « les pères fondateurs Américains étaient des suprématistes blancs » ou encore « le système juridique est moralement équivalent à la Gestapo » sont prononcés régulièrement sans aucun gêne ni opposition. Ceux qui osent émettre une critique sont immédiatement rappelés à l'ordre par l’agressivité des « politiquement corrects ». La moindre contestation rencontre des insultes et même parfois, une intimidation physique qui rappelle le « Walk of Shame » de Cercei dans Game of Thrones. La cohésion sociale est déchirée, les arguments rationnels ont cédé le pas à des insultes personnelles et faciles, et le reste des étudiants sont laissés à eux même, se demandant si les dizaines de milliers de dollars investis en frais de scolarité l'ont été en pure perte.

Où est donc passé le vrai désaccord ? Bien sûr, la politique a toujours été très clivante. Mais la violence et la vacuité des « conversations » auxquels je participe régulièrement me fait croire que tout ceci est loin d'être anecdotique. Aujourd’hui, le plus petit désaccord tourne rapidement à la guerre totale. Non plus une simple opposition idéologique, mais une guerre nécessitant humiliation, insultes et diabolisation. Sur les réseaux sociaux, des bandes de « Flash Mobs » vous recouvrent de messages haineux, et dans une classe, l’isolement social est total.

Le dialogue universitaire en voie de disparition

À cause de ce phénomène, nous avons perdu toute la valeur du dialogue universitaire. Le vrai désaccord est bien plus que deux parties n'ayant pas le même avis, c’est le socle sur lequel la civilisation occidentale est fondée. Il requiert que chaque participant défende ses opinions avec rigueur, consistance, charisme et savoir. Il sort l’individu de sa zone de confort et le propulse dans une arène ou la défense des valeurs et des idées forgent la personnalité. Le désaccord n’est pas synonyme de haine, il ne doit pas être éloigné où évité mais appris et adopté comme outil de travail sur soi-même. Il est nécessaire au développement du caractère.

Rien de réellement négatif ne ressort d'un désaccord honnête. Soit, après un long échange, vous ressortez vainqueur grâce à votre rigueur et votre logique, et êtes donc déjà mieux préparé à votre prochaine confrontation. Soit vous ressortez vaincu, auquel cas vous êtes amené à changer d’avis et ajuster votre position. Dans les deux cas, vous finissez enrichi par l’expérience.

Les étudiants des universités du monde entier doivent se rappeler de la valeur d'un désaccord sobre. Nos caractères se forment en opposition à ce qu’ils ne sont pas. C'est dans ces moment-là que nos identités développent plus de nuance, de flexibilité, et de tolérance à des points de vue différents. Il faut privilégier le désaccord, plutôt que de l’éviter et s’entourer uniquement d’individus qui reflètent nos propres opinions. Si nous percevons tous nos antagonistes non comme des ennemis mais des individus en besoin d’information supplémentaire, nous les tirons vers le haut. Tout en espérant qu’en retour, ils nous élèvent également…

 

source : https://www.valeursactuelles.com/monde/louis-sarkozy-quest-devenu-le-debat-didees-luniversite-97796

Rédigé par PERSCH Emmanuel

Publié dans #signes des temps

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